Réouverture des lieux culturels : le Grand T et 12 autres structures culturelles associent leur voix pour une reprise solidaire de la vie culturelle.

Le 29 avril, le président de la République a annoncé la réouverture des lieux culturels pour le 19 mai. Après 15 mois de fermeture presque ininterrompue, nous, directrice·teur·s de scènes de spectacle vivant, nous réjouissons de pouvoir à nouveau accueillir les artistes et le public dans nos salles et nos festivals. Pour autant, à quelques jours de la date annoncée pour la réouverture, aucun plan spécifique d’accompagnement n’a encore été communiqué.
Une simple autorisation de rouvrir ne suffira pas à relever le secteur culturel, très affaibli par ces 15 mois d’interruption de son activité. Certes, depuis le début de la crise sanitaire, grâce aux soutiens déjà reçus de l’État et des collectivités, grâce aux dons généreux des spectateur·rice·s, grâce à l’attention que les professionnel·le·s du secteur ont eu les un·e·s pour les autres, les plus installé·e·s de notre écosystème ont pu survivre. Mais nous, qui sommes en contact avec tous les métiers de notre secteur, mesurons les dégâts subis par les plus fragiles et les difficultés qui s’annoncent pour toutes et tous. Par exemple, l’embouteillage de projets engendré par les annulations massives des derniers mois va laisser bon nombre d’équipes artistiques sans possibilité de diffusion et de création, ainsi que bon nombre de professionnel·le·s, notamment les plus précaires, sans travail.
Alors bien sûr qu’avec nos équipes, avec l’ensemble des professionnel·le·s et bénévoles de notre secteur, nous sommes heureux de pouvoir enfin rouvrir nos salles et événements au public. Mais nous ne voulons pas que la reprise d’activité fasse oublier l’urgence et la nécessité de répondre aux revendications des plus précaires de notre secteur.
Nous demandons à l’État de prendre au plus vite des mesures budgétaires adaptées au contexte de crise inédit que nous traversons, comme il l’a fait pour d’autres secteurs :
– La prolongation de l’année blanche pour les intermittent·e·s du spectacle et du cinéma jusqu’au 31 août 2022 ;
– Un soutien à toutes les structures en difficulté, qu’elles soient publiques ou privées (théâtres, salles de spectacles ou de concerts, mais aussi discothèques, cafés-culture, tiers-lieux, lieux d’accompagnement et de professionnalisation, musées et galeries, festivals etc.), et quels que soient leur taille et leur territoire, afin de lever les obstacles à la diffusion des spectacles dans les 24 mois qui viennent ;
– Un plan de relance pour l’emploi culturel qui permette de rémunérer au juste prix les répétitions, résidences, temps de recherche, entraînements, etc. des équipes artistiques ;
– Des dispositifs d’accompagnement spécifique pour les auteur·rice·s et compositeur·rice·s, ainsi que pour les jeunes professionnel·le·s, notamment les primo-entrant·e·s dans le régime de l’intermittence ;
– Un soutien urgent aux organismes sociaux du secteur culturel : CMB, AFDAS et Audiens ;
– Le retrait de tout projet de réforme de l’assurance chômage dans un contexte où les plus fragilisé·e·s de nos concitoyen·ne·s sont déjà les grandes victimes de la crise sanitaire et économique que nous traversons.
Signataires : Yvann Alexandre – Compagnie yvann alexandreFrancine Vasse – Les Laboratoires VivantsNolwenn Bihan, directrice du TUNantesCatherine Blondeau, directrice du Grand T, théâtre de Loire-AtlantiqueSimon Boisson, Philippe Bernard, Quentin Le Hénaff, gérants du WarehouseEric Boistard, directeur de StereoluxEli Commins, directeur du le lieu unique (officiel)Maël Hougron, directeur du Nouveau PavillonCyrille Jollard, directeur de La Soufflerie-RezéThomas Nédélec, gérant Le Ferrailleur – Club ConcertOlivier Piard, directeur de La Scène MicheletNicolas Reverdito, directeur de Pick Up ProductionAmbra Senatore, directrice du CCN de NantesDenis Turmel, directeur du Zénith Nantes Métropole

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