Communiqué national « Occupons partout »

Depuis le mois de mars dernier, le mouvement « Occupons Partout » a mis sur le devant de la scène médiatique touTEs les oubliéEs du « quoi qu’il en coûte », au travers de l’occupation de plus d’une centaine de lieux de culture. Avec l’arrivée de l’été, le mouvement continue de façons diverses, certainEs d’entre nous, déjà, ont trouvé de nouveaux locaux, plus pérennes, pour continuer la lutte, d’autres ont déjà convergé au sein d’actions, de manifestations, de tractages, d’agoras dans les rues.
Il ne s’agit pas de la fin du mouvement « Occupons partout ». Cet été comme à la rentrée de septembre, il prendra d’autres formes d’actions locales et nationales.
Le gouvernement a fait la sourde oreille à nos revendications. Il a pourtant dû céder sur la prise en charge des congés maternité, malheureusement pour les seules intermittentes du spectacle, 4 mois de prolongation de l’année blanche et un ridicule plan de reprise. Nous sommes si loin du compte.
Si nous avons rencontré un succès significatif avec la suspension par le Conseil d’État de
l’application au 1er juillet des nouvelles règles de calcul des indemnités journalières d’assurance chômage, nous revendiquons toujours l’abrogation de cette réforme. Nous nous opposons avec détermination aux choix du gouvernement et du patronat de paupériser et précariser des millions de nos concitoyen·ne·s, parmi lesquelLEs nombre de nos collègues intermittent·e·s de l’emploi du secteur culturel : femmes et hommes de ménage, guides conférencières, hôteSSEs d’accueil, personnels de l’hôtellerie et la restauration, agent·e·s de sécurité, saisonniers…
Le mouvement n’est toujours pas satisfait des conditions de cette « réouverture » et des annonces du gouvernement, qui laisse sur le bord de la route les plus fragiles d’entre nous. Nous demandons toujours un plan massif de soutien à l’emploi culturel, une prolongation de l’année blanche de l’intermittence du spectacle et son élargissement à touTEs les travailleur·euse·s à emploi discontinu, des droits sociaux pour les artistes, auteur·rice·s qui ne bénéficient pas de protection sociale, la sauvegarde de nos caisses sociales spécifiques mises à mal par la crise (congés spectacles, médecine du travail, formation, retraites…), un plan d’aide pour la jeunesse.
Le mouvement d’occupation a sorti le monde de la culture de sa torpeur. C’est avec ferveur et dignité qu’il a construit son enracinement dans la lutte contre toutes les précarités et pour des droits pour toutes et tous. Il a rendu visible les dégâts considérables de la crise sanitaire dans notre secteur et la détresse matérielle et psychologique d’un grand nombre d’artistes et technicien·ne·s ainsi que de toutes et tous dans les secteurs où il était impossible de travailler : les oubliéEs du quoi qu’il en coûte.
Il a montré que la culture est essentielle aux yeux de la population.
Il a contribué à faire émerger dans le débat politique la question de la précarité et de la réforme de l’assurance chômage. Il a créé grâce aux agoras publiques des espaces d’expression citoyenne, de sensibilisation, de pédagogie et de convergence des luttes syndicales, politiques ou citoyennes.
Nous continuons… occupons partout !

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